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X.B. Leprince (Maurice Suire de son vrai nom) fut connu de la jeunesse par de nombreux livres écrits pour les collections Signe de Piste et Rubans Noirs. Il a tenu à changer de peau, chaque fois qu'il abordait un nouveau genre. Avec lui, on s'y perd si bien, qu'un camarade put écrire à son propos: " Est-ce le Pirée ou un homme ? " En toute certitude, c'est aussi bien X.B. Leprince, Eric Muraise, Jim Cobbler que Migis.
De souche poitevine, né en Berry, il fut Saint-Cyrien. A sa sortie de Saint-Cyr, il fit l'Ecole des Chars, partit en Syrie, revint en France, fut fait prisonnier le 19 mai 1940 sur le canal de la Sambre, passa 5 ans de captivité à l'Offlag X.B., années consacrées à l'étude, études qui le mirent à même de préparer la base de certaines œuvres signées Muraise. De 1945 à 1953, il occupa différents postes, tant à Wurtemberg qu'à Berlin ou en Palatinat. Après un court séjour en France, il repartit pour la Tunisie et l'Algérie. De 1960 à 1967, il fut à Paris où il termina sa carrière comme conférencier à l'Ecole de Guerre et adjoint au général commandant l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale.
Au travers des nombreux romans et œuvres historiques qui lui sont dus, on trouve ces deux propositions, qui caractérisent cet auteur singulier: " Les militaires ont ceci de commun avec les mauvais sujets: ils sont capables de tout. " (C'est aussi ce que Cocteau admet des Polytechniciens). " Je suis totalement incapable d'inventer une merveilleuse histoire de toutes pièces. Inventer, ça me fatigue. Et la réalité dépasse tellement la fiction que ça ne vaut vraiment pas la peine de se fatiguer. " Seulement, quand on est chouan d'origine, que depuis l'âge de 10 ans on suit les armées comme fils d'officier et plus tard à son propre compte, en accomplissant les missions les plus diverses de l'Euphrate au Pacifique américain, de la Baltique au Sahara, on ne manque guère de matière, ni même d'humour pour considérer sa propre expérience avec le recul de la transposition romanesque. Et il est intéressant de noter que ses romans ont tous de solides bases historiques, géographiques, où se mèlent les us et coutumes des pays dans lesquels ils se situent. Sa vocation littéraire fut fortement marquée par son passage au service historique de l'Armée, puis à l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale, ce qui fit de lui, sous le nom d'Eric Muraise, un spécialiste de l'Histoire synthétique et de l'Analyse stratégique. Deux de ses œuvres obtinrent d'ailleurs le soutien pour leur publication du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique). Il a même collaboré à diverses revues militaires et étrangères. Il s'intéressa aussi à l'Histoire, au mystère entourant Louis XVII (ses ouvrages servirent d'appui à Jean-Louis Foncine et Antoine de Briclau pour écrire le Lys éclaboussé), à la légende du Grand Monarque, à Nostradamus, aux prophètes… Ce vendéen aima la Bretagne, il s'y fixa et consacra ses derniers mois à écrire Sainte-Anne et la Bretagne,ouvrage paru à titre posthume. Tout était, chez lui, honneur, conscience, loyauté et fidélité.
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