Jean-Louis Dubreuil

Biographie

Né en 1914, diplômé de Sciences politiques, section diplomatique, Jean-Louis Dubreuil travaille à Paris comme journaliste jusqu'en 1958. Après avoir créé en zone libre le journal pour enfant Sirocco en 1941, il lance pour le compte de la Ligue Féminine d'Action Catholique Française l'hebdomadaire France Magazine, tiré à plus de 100.000 exemplaires, dont il assure la direction jusqu'en 1953.
Parallèlement, il publie plusieurs romans au Signe de Piste, de même que chez G.P. (Spirale) en collaboration avec son épouse Brigitte sous le pseudonyme collectif de Claude Campagne. Il fut également responsable des
Fusées, almanach de la collection Signe de Piste.
Par la suite, il est courtier maritime assermenté à Boulogne sur Mer, où il décède le 3 janvier 1995.
Il est le père d'un autre auteur Signe de Piste : Hugues Montseugny.

Voir également ci-dessous :
- Un article de Jean-Louis Foncine
- Le témoignage de Brigitte Dubreuil
- Le téléfilm tiré de Adieu mes quinze ans

Bibliographie

Les dates indiquées ci-dessous ne comprennent que celles des premières éditions dans chaque série. Les dates de réimpressions ne sont pas mentionnées.

Dans les collections Signe de Piste

Le Capitaine du "Jamboree", SDP 45 (1950), SDP 147 (1962), CA 5 (2000)
>>> en savoir plus...
Expédition de secours, SDP 80 (1957), CA 14 (2000)
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Sous le pseudonyme de Claude Campagne,
En collaboration avec Brigitte Dubreuil

Adieu mes quinze ans, Spirale, GP, 1964
Les Enfants de la brume, Spirale, GP, 1969
Le Jour où Dieu m'a tutoyé, 1984
La Maison sans clé, 1986

Abréviations :
SDP Collection Signe de Piste, Alsatia, SDPJ Collection Signe de Piste Junior, dite aussi Collection Prince Eric, Alsatia, RN Collection Rubans Noirs, Alsatia, SSDP Collection Safari Signe de Piste, Alsatia, NSDP Collection Nouveau Signe de Piste, L'Epi-Jeunesse, puis Begedis, NRN Collection (Nouveaux) Rubans Noirs, L'Epi-Jeunesse, J Collection Jamboree, Spes, JOY Collection Joyeuse, Alsatia, JF Collection Jean-François, Fleurus, Gautier-Languereau, EQ Collection l'Equipée, éd. de l'Arc, JDA Collection Les Jeux de l'Aventure, éd. ELOR, D Collection Défi, Téqui-Carrick, SDPF Ed. Fleurus, qui détient SDP, T Collection Totem, éd. du Triomphe, CA Collection Coureurs d'Aventures, éd. A. Gout

Le témoignage de Jean-Louis Foncine

Il était l'auteur de l'admirable Capitaine du Jamboree (qui par une bizarrerie des rééditions porte les numéros 45 et 147 de la toute première collection Signe de Piste, chez Alsatia) et du non moins admirable Expédition de secours (SDP 80).
Jean-Louis Dubreuil exerça la double profession de courtier maritime à Boulogne-sur-Mer et de journaliste.

Journaliste et romancier

C'est le journaliste, bien sûr, qui fit le romancier. C'est aussi le journaliste que j'ai approché de très près. En effet, après avoir créé en zone libre en 1941 le journal « Sirocco », l'un des plus beaux journaux d'enfants de ce demi-siècle, auquel Pierre Joubert apporta une large collaboration, et dont les numéros sont recherchés à prix d'or par les collectionneurs, Jean-Louis Dubreuil accepta la lourde mission de lancer pour le compte de la Ligue Féminine d'Action Catholique Française l'hebdomadaire « France 47 » qui devint par la suite « France Magazine ». Cet hebdomadaire vécu jusqu'en 1953, date à laquelle la concurrence de « Marie-France » et l'absence de moyens financiers scellèrent son destin.
Rédacteur en chef, Jean-Louis Dubreuil m'appela au secrétariat de rédaction de ce journal qui tirait à plus de 100 000 exemplaires. J'y restai de 1947 à 1950. Nous étions une toute petite équipe qui faisions un peu tout : j'étais chargé plus spécialement des reportages, de certains éditoriaux et « billets d'humeur », et surtout la chronique cinématographique jugée à l'époque fort importante, tenue par Serge Dalens dans les premiers numéros de la revue. Joubert apporta une constante collaboration, surtout pour l'illustration de contes ou de récits à suivre.

Travail en équipe

Le travail d'équipe avec Jean-Louis Dubreuil était un véritable régal, tant l'ouverture d'esprit et surtout l'humour dominaient nos débats et nos choix.
Par la suite, Serge Dalens et moi avons eu l'occasion de fréquenter le romancier. Nous le rencontrions régulièrement aux célèbres dîners littéraires de Mademoiselle Gilleron, alors directrice d'Alsatia, où se retrouvaient également d'autres collaborateurs de « France Magazine », tels Arnauld de Corbie, Claude Appell, etc…
Jean-Louis Dubreuil et son épouse m'ont accueilli à plusieurs reprises dans leur si sympathique maison d'Ostrohove.
Jean-Louis Dubreuil fut également responsable de La Fusée Signe de Piste, un almanach annuel publié en 1953, 1954 et 1955 composé de nouvelles, d'articles et de reportages pour la jeunesse, de portraits et d'interviews d'auteurs de la collection, de résumés de Signe de Piste. Il était chargé de coordonner le tout et avait donc le rôle de rédacteur en chef.
C'est avec joie que nous avions appris que le roman écrit avec son épouse Brigitte
Adieu mes quinze ans paru aux éditions GP dans les années 55 avait été retenu pour un feuilleton télévisé et que ce fut une parfaite réussite. Après une première diffusion, ce feuilleton fut même rediffusé à deux reprises sur le petit écran.
Jean-Louis Dubreuil était le père de six enfants, et le grand père de douze petits enfants. Il est le père de Hugues Montseugny, auteur dans le Nouveau Signe de Piste.

Jean-Louis Foncine

Le téléfilm « Adieu mes quinze ans »

Adieu mes quinze ans
de Claude CAMPAGNE

Réalisation :
Claude de GIVRAY

Avec :
Patricia CALAS
Christian BALTAUSS
Jany HOLT
Henri GUISOL
Lill BORJESSON
Patrick VERDE

Le témoignage de Brigitte Dubreuil

Cinq livres, cinq enfants, quarante-cinq années ensemble, ainsi pourrais-je résumer ce temps de bonheur à ses côtés.
Bien sûr, il y eut des orages. Bien sûr, il y eu des tempêtes. Mais toujours, dans nos cœurs passionnés, l'embellie reprenait le dessus et le vivifiant vent de chez nous - ce fameux Noroît - chassait les nuages, dévoilant de nouveau un ciel heureux.
Rapides, passèrent les années…
Rapides, s'égayèrent les enfants. De ci, de là, quelques escales ramenaient de petits moussaillons à bord du vieux navire ancré sur les mers d'herbe drue de notre colline d'Ostrohove. Dans cette ville de Boulogne-sur-Mer dont nous avions fait notre port d'attache.
S'envolèrent vers leur destin les livres écrits sur l'établi de notre amour, avec outils qu'étaient nos passions communes et tout autant nos différences.
Nous nous serrions dans notre amour. Nous deux, pour des années encore de bonheur…

Puis l'âpre vent de la maladie s'abattit sur Jean-Louis. Le cœur qui commençait de s'affoler et aussi cette lente progression d'un mal qui l'épuisait peu à peu.
Quatre années de courage et de combats. Faire face. Tenir coûte que coûte. Ecrire tant bien que mal. Parler, témoigner de notre foi. La vie qui coule encore dans ses veines, la vie passionnée, passionnante toujours. Malgré la maladie et jusqu'au dernier jour.
Il luttait pied à pied, sans plainte, sans colère, l'humour toujours cinglant aux lèvres, l'amour toujours brûlant au cœur. Secrètement, il écrivait sur Dieu, dont la caresse, j'en suis convaincue, ne le quitta pas un instant et qui se révélait chaque jour davantage à lui, dans le secret de son être, trop silencieux à mon gré. On voyait son visage s'adoucir en raison inverse de la maladie qui le taraudait. « Il est de plus en plus beau, Jean-Louis ! » constataient ses proches. L'image divine se lisait sur ses traits, c'est vrai.

Et lui, l'intellectuel hautement cultivé, au courant - jusqu'au bout - de tout ce qui se passait dans le monde ; lui qui, brillamment sorti de Sciences-Politiques, stupéfiait ses interlocuteurs par l'extrême précision de ses connaissances historiques ; lui qui avait fondé plusieurs journaux, dont Siroco - celui qui lui tenait le plus à cœur - dans la tourmente de la guerre, pour redonner espoir à une jeunesse désemparée ; lui qui nous impressionnait par ses connaissances, nous intimidait par son intransigeance, tout en nous séduisant de ses insolites réparties… voilà qu'il devenait peu à peu simple et humble comme l'un de ses petits-enfants, qui l'adoraient. Et pas seulement eux, mais aussi les gens qu'il rencontrait chaque jour. Le facteur, la femme de ménage, l'infirmier, en témoignèrent après son départ : « On ne pouvait pas ne pas aimer un homme comme lui. »

Il est parti vers sa passion ultime : Dieu. Ce Dieu qu'il avait rencontré personnellement dans une expérience fulgurante, il y a vingt-cinq ans. Et qui lui avait donné pour premier gage d'amour - avec combien d'autres ! - la certitude de la vie éternelle. Ce Dieu qu'il voulait « raconter » dans son dernier livre. Mais comment raconter Dieu ? C'est maintenant qu'il le fait, en m'entraînant dans son sillage. Car, si l'essentiel est invisible pour les yeux, il ne l'est pas pour le cœur !
Cette nuit-là, cette sombre nuit d'hiver, lorsqu'il fallut partir pour le Pays perdu, l'unique Pays perdu, il me dit : « Alors, on va pouvoir aller chez nos amis ce soir. » Et parce qu'il aimait Dieu d'une folle passion, tout imprégné qu'il était de sa Vie éternelle, je compris que, comme au larron sur la croix, le Saint-Esprit lui soufflait : « Ce soir au Paradis »…
Le voilà donc au pays-perdu éternel, parti pour de nouvelles aventures, des aventures pleines de mystères et de révélations ineffables, mais pourtant bien réelles. Avec la ferveur, j'y prête toute mon attention amoureuse. Et parfois, lorsqu'un coin du voile se déchire, je le rejoins, vivant déjà, avec lui, un plus extraordinaire bonheur qu'aucun de ceux qu'il m'a offert ici bas.

Brigitte Dubreuil,
Juin 1995.

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