Georges Cerbelaud-Salagnac

Biographie

Georges Cerbelaud-Salagnac naît en 1906. C'est un esprit curieux, un autodidacte à l'érudition dévoreuse. Il s'intéresse très tôt au journalisme comme son père; il publie ses premiers articles à Paris-soir en 1925, et collaborera au Figaro et à France Catholique. Il publie chez d'autres éditeurs des hagiographies, des essais historiques, des monographies sur le Canada, une vie de Savorgnan de Brazza. Passionné par le Canada, il lira pratiquement tout ce qui est paru sur le sujet, et en tirera de l'inspiration pour ses nombreux livres. Il rédigera d'ailleurs plusieurs Guides bleus pour Hachette.
De 1970 à 1990, il est directeur littéraire dans une maison d'édition parisienne. Il devient également Président de l'Académie des Sciences d'Outre-mer.
Il est mort le 2 févier 1999.

(Voir également l'article « Hommage à Georges Cerbelaud-Salagnac » en bas de cette page.)

Bibliographie sommaire

Les dates indiquées ci-dessous ne comprennent que celles des premières éditions dans chaque série. Les dates de réimpressions ne sont pas mentionnées.

Dans les collections Signe de Piste

Sous le signe de la Tortue, SDP 1 (1937), JDA 48 (1998)
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Le Sceau du Prince Henri, SDP 18 (1948), D 1 (1998)
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Les Coureurs de brousse, SDP 26 bis (1946)
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Les mystères du croiseur "Toulouse", SDP 49 (1951)
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Chez d'autres éditeurs

Les Français au Canada, éd. France-Empire (1962)
Saint Patrick, éd. E.I.S.E. (1955) (bibliographie)
Mademoiselle de Verchères, éd. Fides (Montréal) (1958), D 10 (2000)

Abréviations :
SDP Collection Signe de Piste, Alsatia, SDPJ Collection Signe de Piste Junior, dite aussi Collection Prince Eric, Alsatia, RN Collection Rubans Noirs, Alsatia, SSDP Collection Safari Signe de Piste, Alsatia, NSDP Collection Nouveau Signe de Piste, L'Epi-Jeunesse, puis Begedis, NRN Collection (Nouveaux) Rubans Noirs, L'Epi-Jeunesse, J Collection Jamboree, Spes, JOY Collection Joyeuse, Alsatia, JF Collection Jean-François, Fleurus, Gautier-Languereau, EQ Collection l'Equipée, éd. de l'Arc, JDA Collection Les Jeux de l'Aventure, éd. ELOR, D Collection Défi, Téqui-Carrick, SDPF Ed. Fleurus, qui détient SDP, T Collection Totem, éd. du Triomphe, CA Collection Coureurs d'Aventures, éd. A. Gout

Hommage à Georges Cerbelaud Salagnac (1906 - 1999)

Georges Cerbelaud-Salagnac a joué un rôle déterminant dans l'histoire du Signe de Piste, puisqu'il est tout simplement l'auteur du premier roman de la collection. Sous le Signe de la tortue a paru en 1937. Quelque mois plus tard, ce seront le Tigre et sa panthère de Guy de Larigaudie, le Bracelet de vermeil de Serge Dalens, la Bande des Ayacks de Jean-Louis Foncine...
Agé de plus de 90 ans, Georges Cerbelaud-Salagnac aura eu la joie de voir reparaître ses livres de jeunesse quelques temps avant sa mort, survenue le 2 février 1999. Nous avons rencontré son fils Dominique, religieux dominicain, professeur à la faculté de théologie de Lyon. Nous le remercions d'avoir évoqué pour
Signe de Piste la figure de son père, aventurier des forêts canadiennes et spadassin de l'Eglise et de l'édition.

La famille Cerbelaud est originaire des confins de la Creuse et du Massif Central. Le berceau de la tribu est le bourg de Salagnac, qu'on retrouve au début du Sceau du prince Henri. Le père de Georges Cerbelaud est journaliste scientifique. Cerbelaud-Salagnac est son nom de plume.

Georges naît en février 1906. C'est un esprit curieux, un autodidacte à l'érudition dévoreuse. Il s'intéresse très tôt au journalisme comme son père; mais il n'a pas en revanche le goût des sciences comme lui. Il publie ses premiers articles à Paris-soir en 1925. Grâce à la recommandation de son père, il travaille quelques temps à "Air-liquide". Mais l'industrie l'ennuie. Il se passionne bien plus pour la politique, le combat des idées, le militantisme monarchiste qui enflamme la génération des Thierry Maulnier, Georges Blond, Maurice Blanchot, Gustave Thibon, Jean de Fabrègues et Louis Salleron (Georges Cerbelaud-Salagnac retrouvera ces trois derniers à
France Catholique). Il ne sera jamais maurassien. Il appartient plutôt à la tendance de restauration catholique, proche du duc de Guise puis du comte de Paris, dont le plus illustre représentant reste le libre et fougueux Georges Bernanos. Dans l'immédiat après-guerre, Georges Cerbelaud-Salagnac publiera un plaidoyer pour le retour en France de la famille royale, Quatre règnes en exil.

En 1926 et 1927, Georges Cerbelaud fait son service militaire dans la marine, sur le Duguay-Trouin. On retrouve beaucoup de ses souvenirs dans
les Mystères du croiseur Toulouse (Signe de Piste n° 49).

Il se marie en 1929. Il a une fille de ce premier mariage, mais son épouse décède deux ans plus tard. Georges Cerbelaud vit alors une profonde crise morale. Il trouve un certain réconfort auprès de ses amis du milieu des monarchistes chrétiens, parmi lesquels Edouard de Macédo et Jacques Michel. L'un est alors président de l'association des Scouts de France, l'autre va devenir fondateur de la collection Signe de Piste... Comme Guy de Larigaudie, Edouard de Macédo est également tertiaire dominicain. Il présente le Père Forestier o.p. à Georges désemparé. Jeune héros de la grande guerre, champion de rugby, Marcel Forestier avait fondé une troupe scoute en milieu populaire dans la banlieue de Paris dès 1921. En 1925, il avait fondé la Route Scout de France avant d'entrer au noviciat des dominicains. En 1934, il deviendra aumônier général des Scouts de France comme successeur du chanoine Cornette. Le Père Forestier, personnalité solide et charismatique, redonne à Georges Cerbelaud l'espérance, et il l'aide à enraciner sa foi. Georges devient à son tour tertiaire dominicain. Il collabore à la revue Scout dans laquelle écrit Jacques Michel et dessine le tout jeune Pierre Joubert.

Accaparé par de nombreux travaux de journalisme, Georges Cerbelaud s'intéresse cependant à la vie des indiens du Canada, au point de lire tout ce qu'il trouve dans les bibliothèques sur l'ethnologie amérindienne, de s'inscrire aux cours des " langues orientales " et de suivre comme auditeur libre ceux de l'école pratique des Hautes Eudes. C'est l'époque où Paul Coze envoie à la revue Scout des reportages enthousiastes sur les tribus du Nord, où Guy de Larigaudie court les plaines d'herbes rudes survolées par des aigles blancs et sillonnées par des hordes de petits loups, où Hergé publie
Tintin en Amérique. Michel Tournier a expliqué récemment dans le Figaro la fascination pour cette nature vierge et sans frontière : "Les paysages exotiques, les arbres, les animaux et surtout les héros adolescents, tout est objet de célébration et d 'admiration pour Signe de Piste. Sa philosophie est simple : le monde n 'est qu 'un foisonnement de merveilles, partons à sa découverte ! La mystique de la rupture et du départ à l 'appel de la route doit être vécue passionnément". C'est de cette passion que naîtra Sous le signe de la tortue, recueil de légendes indiennes qui auront un grand succès chez les scouts en cette période où l'imaginaire peaux-rouges débridé donne naissance aux totémisations et autres rites exotiques en marge de la pédagogie officielle des Scouts de France. Signe de Piste n'est pas une littérature pour enfants sages qui mangent des religieuses au chocolat le jeudi après-midi dans les appartements de la plaine Monceau. Dans Sous le signe de la tortue, comme plus tard dans l'inoubliable Chef à l'oeil d'ivoire d'Aimé Roche qui se déroule chez les indiens Inuits, la nature est grandiose et splendide. Mais la violence et la mort y sont omniprésentes.

En publiant ses premiers livres et certains articles, Georges Cerbelaud a repris le pseudonyme de son père, Cerbelaud-Salagnac. En 1979, il changera même son nom à l'état-civil pour celui de qui l'a fait connaître comme écrivain et journaliste.
En 1939, Georges Cerbelaud-Salagnac s'engage. Il est fait prisonnier pendant la bataille de France. Il s'évade et rallie Vichy où s'est installé le gouvernement du maréchal Pétain. Il entre au ministère de la jeunesse où il est responsable de la formation, chargé des chantiers de jeunesse. Il retrouve donc le Père Forestier, aumônier général des Chantiers de jeunesse, ainsi que le général de la Porte du Theil, chef des chantiers, qu'il connaît bien puisqu'il est lui aussi tertiaire dominicain et qu'il était commissaire de la province Ile-de-France des Scouts de France avant la guerre.
En 1946, Georges Cerbelaud-Salagnac se remarie. Il épouse Bernadette Lécureux, une bretonne avec qui il écrira plusieurs livres sur la Bretagne et sur l'Irlande. De ce deuxième lit naîtront deux garçons et trois filles. Les jeunes mariés partent au Canada en voyage de noce. Georges Cerbelaud aura l'occasion d'y retourner souvent, notamment pour rédiger pour Hachette le guide bleu du Canada - Saint Pierre et Miquelon - les Bermudes…

Entre 1945 et 1951 , il publie
le Sceau du prince Henri, les Coureurs de brousse et les Mystères du croiseur Toulouse: un roman d'histoire médiévale, un roman en Afrique noire (le seul Signe de Piste, avec le Puits d'El Hadjar de Dachs, qui mette en scène uniquement des adultes), un roman scout dans les tempêtes.
Il publie chez d'autres éditeurs des hagiographies, des essais historiques, des monographies sur le Canada, une vie de Savorgnan de Brazza. Il collabore au
Figaro et à France Catholique. Il partage son temps entre la maison de Bretagne et l'appartement de Paris.

En 1964, ému par les bouleversements provoqués en France par le concile Vatican II, il fonde la fameuse association Una Voce, pour la défense du latin et du grégorien dans l'Eglise.

Il devient directeur littéraire des éditions Téqui vers 1970. Il le restera jusqu'en 1990. Son intérêt pour l'univers des indiens d'Amérique du Nord est toujours aussi vif. Il devient Président de l'Académie des Sciences d'Outre-mer.

Il est mort le 2 févier 1999, au bout d'une vie bien remplie. Puisque Saint Thomas d'Aquin explique dans la Somme contre les Gentils que nous retrouvons au ciel ce qui sur terre a été pour nous source d'amour, on peut imaginer que Georges Cerbelaud-Salagnac galope dans un paradis de longues plaines et de vastes collines qui ressemble à une Amérique peuplée d'anges dont les plumes des ailes sont mille fois plus belles que celles des scalps de ses chers indiens.

Philippe VERDIN


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