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« - Si tu veux connaître le désert, crois-moi, Daniel, il faut y aller. Ce n'est pas en passant quinze jours ici que tu apprendras quelque chose. In-Salah, c'est l'oasis, la ville. Ici, il y a du monde, des maisons, de la vie. C'est le sud, oui, mais le sud des cartes postales… Tu vois ce que je veux dire : palmiers, dunes, chameaux, etc… Le Sahara pour touristes ! Je suppose que ce n'est pas ce que tu es venu chercher ? » Daniel Guichard a quitté la troupe voilà à peine un an, sur un coup de tête. Nous sommes en 1937. Afin de prendre un peu de distance, de faire le point, Daniel Guichard a décidé de partir en Algérie (encore française à l'époque du récit). Seul. Pour décompresser. Oublier. Réfléchir. Son départ de la troupe n'a pas été glorieux. Une histoire de grand jeu qui a mal tourné pour sa patrouille suite à son entêtement. Un ennui qui commençait à le gagner. Peut-être le signe pour un CP trop âgé pour qui il est temps de passer au Clan. Mais le Clan, lui aussi, l'a déçu. Réunions et palabres interminables… Où sont passés l'aventure, l'enthousiasme avec lequel il revêtait à chaque fois son foulard et son chapeau scout ? Bref, le moral n'est pas très bon. Et justement, ce jeune officier, ancien scout, avec qui il a sympathisé à In-Salah, lui conseille de partir respirer le grand air du Sahara. Talezzerhat, Ti-n-Tabarik, El-Hadjar… Daniel regarde sur la carte les quelques deux cent kilomètres qu'il s'est fixé au travers du désert, accompagné de Meslar, son guide touareg. Quelques jours plus tard, au hasard d'un campement, Daniel porte secours à un touareg de passage qui vient d'être mordu par un serpent. Ses quelques notions de secourisme et, surtout, sa valise d'infirmerie sauveront la vie de l'homme. C'est au coin du feu crépitant, sous une nuit étoilée, dans la magie du désert que ce Targui commence à se confier à Daniel. Cet homme a-t-il un lien avec cette curieuse épitaphe qu'il a entraperçu en plein désert quelques temps auparavant ?
Ici reposent Lieutenant René Foussac Adjudent Jean Mercier Maréchal des Logis Dominique Berti… El-Hadjar, 20 juillet 1898.
Suivra un récit passionnant, dans ce décor grandiose, suspendu entre ciel et sable, de cascades de rochers et falaises qu'est le Sahara : celui des luttes, des conquêtes et des escarmouches, d'une puissante intensité, d'une authenticité frappante et d'une atmosphère inoubliable. Entre aventure à l'état pur et quête personnelle, ce n'est sans doute pas un hasard si Le Puits d'El Hadjar est le seul roman de Dachs paru au Signe de Piste. Normal, objecterez-vous : c'est le meilleur. Et vous aurez raison.
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