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1957-1981 : Mon Odyssée Signe de Piste par Hervé SEVAL-CHAPTAL :

SCOUT TOUJOURS ...SUR LA PISTE !

Louveteau connais pas ! A 11 ans, je débarquais comme novice à la 6ème VERSAILLES.Des chefs impressionnants issus du scoutisme clandestin ! Premier grand camp en 1947 dans les Gorges du Tarn. J'étais loin de penser qu'elles deviendraient ma « promenade du dimanche» ! Pas encore scout, cependant, visite avec mes parents et mes deux frères (j'en ai eu un 3ème en 1944) au Jamboree de Moisson (avec BP en 1947).

Promesse à 12 ans. Engagement sur l'honneur de servir de mon mieux: Dieu, l'Eglise, la Patrie ...à observer la loi scoute. Scout un jour, scout toujours!

Il fût (il est) toujours le fil conducteur de mon parcours (terrestre !). J'ai donné et j'ai beaucoup reçu.

François MAURIAC a écrit: «nous méritons toutes nos rencontres, elles sont accordées à notre destin et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer ». C'est vrai ... c'est très vrai !

Alors assistant à la 13ème Versailles, collège Jules FERRY, j'avais comme aumônier l'abbé REY, en l'occurrence Jean D'IZIEU : « l'Equipe des quatre nations, les Champions de la 443, signé Catherine, Patrice mon frère » etc ...

C'est au cours d'une réunion pour préparer un voyage à Düsseldorf (échange scout franco-­allemand) organisé en partie par Jean D'IZIEU, que j'ai rencontré pour la première fois Yves de VERDILHAC (Serge DALENS baptisé Maître chat). Loin de penser également que je deviendrais un personnage clé de « la blanche» (dont j'ai l'honneur de posséder le manuscrit) et que son fils Renaud deviendrait le parrain de ma fille aînée Albane.

Petite anecdote en passant: lors de cette réunion, un plateau de petits gâteaux circulait. J'en avais repéré un ... que s'octroya Yves! Marquant ma déconvenue (légère mais verbalement il faut croire pour qu'il l'ai entendu) il en croqua la moitié et me balança l'autre ... ce fût notre premier contact (aérien !).

La suite logique de ces rencontres me conduisit au «Pays perdu» sur le territoire «des Ayacks» et du « Relais de la chance au Roy» ; soit à MALANS, près de PESMES (Haute­Saône) où Serge DALENS avait fait l'acquisition et la restauration de l'ancien presbytère (avec quelques belles décorations de Pierre JOUBERT) et ayant pour voisin ... Jean-Louis FONCINE (Pierre LAMOUREUX) !

Bien entendu, j'amenai mes scouts sur cette (illustre) terre d'aventure (Matricule 512 de Jean VALBERT, Forêt de la Serre, grotte de l'Hermitage, etc ...) car« devenu grand », j’étais alors chef de troupe, retour aux sources, de la 6ème Versailles!

Bien entendu, également mais dans une toute autre région, près du col de Saverne, pas loin de Strasbourg, j'ai été rendre visite à la « Dame Blanche » de Birkenwald.

Mais la Dame n'était pas là. Peut-être était-elle à Swedenborg invitée du Prince Eric ou sur le rocher de Monaco (Yves ayant dédicacé la série au jeune Prince Albert qui, accompagné de sa maman la Princesse Grâce, était venu sur le stand Signe de Piste lors d'un salon du livre à Nice).

Alors que j'avais un poste d'inspecteur en réseau de distribution de carburant (TOTAL), c'est à J.L FONCINE que je dois mon arrivée chez ALSATIA (j'ai habité 17 rue Cassette, ancien hôtel particulier du Cardinal de la Vigerie), mais pas pour ce qu'il avait souhaité en me mettant en contact avec son nouveau PDG à Colmar, siège de la société.

En effet, ALSATIA regroupait plusieurs activités dont celle d'importation de la marque allemande NESTLER (matériel de dessin et d'équipement de bureaux d'études).

Or de formation de base, j'étais dessinateur industriel, ayant fait mes débuts au centre atomique de SACLAY.

En appareil à dessiner, NESTLER venait de lancer sur le marché un nouveau modèle dit « à chariot» qui permettait un gain de place dans l'agencement des bureaux. Etant donné mon expérience pratique en ce domaine, je fus engagé illico ... mais pas pour l'édition comme l'avait espéré J.L FONCINE, mais comme technico commercial de ce nouvel appareil (plusieurs centaines vendus rien qu'au métro de Paris pour la création du RER).

Cependant, je côtoyais l'édition, ayant mon bureau à côté de FONCINE et habitait sur place à l'étage du dessus.

C'est à ce moment qu'arrive comme jeune patron Jean-Paul GISSEROT (Jean-Paul BENOIT: «médecin des nuages », «le passager de la nuit », etc...) dont j'avais fait connaissance à MALANS sur la terrasse de DALENS.

Parallèlement à mon activité dessin, nous avions quelques échanges sur l'édition.

Un jour, il me présenta la maquette d'une nouvelle relance du SDP en me disant qu'il cherchait un nom pour cette nouvelle présentation.

Le lendemain, la chose était faite car ayant suivi une Peugeot en remontant la rue de Rennes vers Montparnasse sur laquelle figurait un autocollant vantant les exploits de la marque à un safari africain, j'ai pensé qu'en conservant la PISTE et en ajoutant SAFARI... le mariage pouvait coller. Ce qui fût fait en appelant la nouvelle collection «SAFARI-SIGNE DE PISTE ».

Quand à Pierre JOUBERT, de ses séances de signatures, à MEUDON, je l'ai surtout connu lorsqu'avec la grande équipe du Signe de Piste, il est venu passer ses vacances à notre mas où il a eu le charmant réflexe de croquer nos enfants. Surprise, pour ce faire, il a simplement sorti un petit carnet de sa poche sur lequel il a pris quelques notes. Un mois après, il m'envoyait le dessin (ci-joint). Pour retenir cet (historique !) moment, j'avais pris une photo que j'ai comparée au résultat: époustouflant! non seulement mes enfants étaient beaux (ce qui est normal puisque ce sont les miens !) mais le plus était que Pierre les avait «joubertisés » !

Depuis son séjour au mas, Joubert m'a ennoblit en m'appelant « le Seigneur de Génolhac » ce qui fit un certain effet dans le cercle de ses jeunes admirateurs qui l'entouraient lorsque je lui rendais visite (la dernière fois malheureusement) à Viroflay, lors d'une séance de dédicaces.

Je m'émerveillais de la virtuosité avec laquelle il faisait encore des dessins alors que sa vue fichait le camp et l'interrogeais à ce sujet. Il me répondit: «je n'ai pas besoin de voir, ma main est tellement habituée qu'elle travaille toute seule » ...

En 1970, je quittais ALSATIA pour m'installer à Marseille afin de me rapprocher de notre propriété familiale cévenole.

En 1981, j'organisais un rassemblement de la fine équipe SDP parallèlement à un camp scout dont le chef était Alain GOUT et ses assistants les «TINTIN» (fils jumeaux de JL FONCINE) et les fils de Serge DALENS, Renaud et Rémi de VERDILHAC.

Jean-Paul GISSEROT faisait partie de la bande ( ... pas des Ayacks !). Il quitta les Editions pour créer celles de OUEST-France et vint me rechercher sur Marseille pour lancer le réseau sur Provence Côte d'Azur.

C'est plusieurs années qu'après être passé par SUD OUEST, il créa sa propre maison d'édition. Pour ce qui me concerne, je suis retraité de OUEST FRANCE -EDILARGE.

Je ne peux pas écrire mon parcours scout sans évoquer une rencontre d'ado qui m'a profondément marqué.

Cet homme fût mon Baden POWELL personnel. Il en avait la stature, l'allure, la classe et le grade de Colonel de cavalerie (en retraite), mort comme lui à 84 ans.

Alors que l'on peut penser qu'Edmond ROSTAND a totalement inventé le personnage de Cyrano de BERGERAC, celui-ci a bel et bien existé en tant que poète, philosophe et fin bretteur au XVIIème siècle portant le nom de Savinien II de Cyrano de Bergerac et se situe en cousinage dans l'arbre généalogique de mon BP Colonel qui lui est un CORBIAC (de). Sur une propriété d'une centaine d'hectares dont 17 de vignobles (élevant un « Pécharmant» haut de gamme qui vaut le détour et dont DALENS fait allusion dans « la Blanche»), mon colonel recevait plusieurs unités scoutes à la fois, un petit « Jam » en quelque sorte ! Dans l'ancienne orangerie se dressait la «salle des scouts », véritable décor à la Joubert (cf dessin) ; Tous scouts de passage pouvaient s'y installer.

Après un camp avec la 6ème Versailles, j'y revenais avec la Haute Patrouille pour participer aux vendanges.

Aujourd'hui avec les petits Aimery et Hugues de CORBIAC, j'en suis à la cinquième génération (ayant connu leur arrière arrière-grand-père !) d'amitié (scoute) et d'affection ... et toujours de l'émotion lorsque je reviens à Bergerac. Pour l'anecdote: je n'ai pas habité à Versailles mais à Jouy-en-Josas à quelques kilomètres. Jouy est« royalement« connu pour sa célèbre toile imprimée (Louis XVI).

Le colonel ayant appris le nom de mon village de provenance, me fit signe de le suivre, et dans la galerie principale du château, ouvrit la porte du premier salon ... c'est ainsi que je découvris l'authentique toile de Jouy, salon toujours parfaitement entretenu à ce jour.

A vingt ans, j'étais chef de troupe à la « première Jouy» et jeune dessinateur industriel. J'attendais avec une certaine appréhension mon ordre d'incorporation pour le service militaire (obligatoire à l'époque). Appréhension d'autant plus vive que je venais d'apprendre la mort tragique de mon ex-chef de patrouille égorgé au cours d'une embuscade dans les tristement célèbres Gorges de Palestro en Kabylie.

Habitant chez mes parents, je guettais la boîte aux lettres pour être le premier informé, sachant que mon père avait pour ami le Général Cressaty, pilote personnel du Président de la République de l'époque, René COTY. Je ne voulais pas avoir un régime de faveur et penser qu'un autre puisse partir à ma place ! Il n 'y a pas eu « d'Adieux de Fontainebleau» car mes parents apprirent mon arrivée à Oran le 14 juillet 1956 lorsqu'ils étaient en vacances. Parti pour 18 mois ... j'en ai fait 30 ! Débarqué en civil sans aucune préparation militaire, de 2ème classe je fus Caporal puis Sergent pour finir Sous-lieutenant après un passage à l'Ecole d'Officiers de CHERCHELL.

Belle progression ... grâce au scoutisme !

Ma « gloire» fût qu'aux différents grades auxquels j'ai eu l 'honneur de servir, je n'ai pas eu de mort ni de blessés parmi les hommes qui m'ont été confiés. Seigneur, apprenez-nous à être généreux ... A combattre sans souci des blessures ! Blessé, c'est moi qui le fût (citation à l'ordre de l'armée avec palme).

Ais-je mérité toutes ces rencontres ? J'ai surtout essayé de les déchiffrer.

Hervé SERVAL CHAPTAL - mars 2016