MIGUEL LE CRISTERO - Roman Jeunesse - Collection Signe de Piste

Fiche Lecture :

Durant la Cristiada au Mexique, de nombreux hommes, femmes et enfants sont morts pour continuer à pratiquer la religion catholique. Ces mexicains n’ont jamais cessé de croire, n’ont jamais renié le Christ pendant cette période difficile.

C’est l’exemple de José, un jeune garçon de 14 ans mort en martyr qui oriente l’intrigue du roman de Larochette-Prost. Sans aucune arme, (mais soutenant les cristeros en tant que messager, ou aide pendant des combats), c’est pourtant lui dans toute son innocence qui a été torturé et tué, refusant de renier sa foi.

Dans le récit de Larochette-Prost, c’est Miguel que l’on suit, un jeune environ du même âge que ce José, renvoyé de son établissement scolaire car sa famille est en lien avec les cristeros. Indifférent d’abord à la guerre civile qui fait rage, il les rejoint cependant et décide de combattre à leur côté. En tant que messager, mais parfois aussi (il le faudra), les armes à la main. Miguel ne désire pas tuer et prie pour ne pas avoir à le faire. Pour cela, il s'attache surtout à concentrer sa stratégie sur la destruction de matériel, très coûteuse pour les fédéraux. Une stratégie d'ailleurs efficace et intelligente car elle causera beaucoup de dégâts lors de missions, de bataille et servira bien leur défense.

Les jeunes n’ont alors pas tout à fait la légèreté que l'on pourrait généralement leur attribuer. Souvent, ils doivent être graves ou sérieux. Parfois pourtant, Miguel et ses compagnons se prennent à jouer et rire, et l'atmosphère est moins lourde: ils restent des enfants dans toute leur innocence et leur courage.

Malgré le danger, Miguel et les jeunes cristeros sont sportifs, agiles et efficaces, se révélant d'une grande aide dans le soutien des adultes, notamment par les services de renseignement.

Dieu reste au centre du récit, c'est aussi pour cela que Miguel prie pour ne pas avoir à tuer un homme. C'est Dieu qui va leur permettre de tenir contre l'adversité en leur insufflant cette grande force.

Réellement courageux, les jeunes de ce récit sont étonnants par leur capacité à se mettre au même niveau que les adultes, brillant par leur foi sincère et malgré la gravité qui se dégage d'eux, brillant d'une certaine innocence et beauté de la jeunesse.

Analyse de C.B. - 2016

Jean-Louis LAROCHETTE-PROST
Parutions :

2014 - Collection Signe de Piste n°34
(première édition)

Signe de Piste - Editions Delahaye
Aujourd'hui disponible !

Signe de Piste - Editions Delahaye


Résumé :

Miguel... Quinze ans, catholique, dans un Mexique où le gouvernement est décidé à mener une guerre sans merci aux disciples du Christ.

De 1926 à 1929, deux cents cinquante mille victimes, exterminées par l’armée régulière. Face à une telle barbarie, Miguel, chassé de son collège, rejoint ceux qui n’ont pas peur, les Cristeros, qui se battent avec ce qu’ils trouvent, pour leur Dieu, leur Eglise et leur liberté.

Un récit poignant et sans concession, sur une guerre trop longtemps ignorée ou moquée...

Et une question brûlante, à la lumière de l’actualité la plus récente, et dont chacun devra trouver la réponse en lui-même: faut-il mourir à quinze ans pour sa foi ?

 


Fiche Lecture :

Durant la Cristiada au Mexique, de nombreux hommes, femmes et enfants sont morts pour continuer à pratiquer la religion catholique. Ces mexicains n’ont jamais cessé de croire, n’ont jamais renié le Christ pendant cette période difficile.

C’est l’exemple de José, un jeune garçon de 14 ans mort en martyr qui oriente l’intrigue du roman de Larochette-Prost. Sans aucune arme, (mais soutenant les cristeros en tant que messager, ou aide pendant des combats), c’est pourtant lui dans toute son innocence qui a été torturé et tué, refusant de renier sa foi.

Dans le récit de Larochette-Prost, c’est Miguel que l’on suit, un jeune environ du même âge que ce José, renvoyé de son établissement scolaire car sa famille est en lien avec les cristeros. Indifférent d’abord à la guerre civile qui fait rage, il les rejoint cependant et décide de combattre à leur côté. En tant que messager, mais aussi, il le faudra les armes à la main. Miguel ne désire pas tuer et prie pour ne pas avoir à le faire (il s’attache essentiellement à la destruction du matériel des fédéraux), mais cela n’en reste pas moins choquant de voir des jeunes armés. La loi de la guerre est telle : "si ce n'est pas toi qui tire, c’est l’autre”.

Les enfants, les jeunes sont parachutés dans ce récit dans un monde que l’on pourrait définir par usage "d’adultes”. Ils n’ont pas l’innocence que l’on attribue généralement à la jeunesse –parfois seulement ils peuvent encore jouer- et doivent être sérieux et graves car ce sont leurs vies, et celles des autres catholiques qui sont en jeu. Ils possèdent le même courage, se mobilisent tout autant que les adultes bien que leurs rôles soient d’abord des rôles de messagers (donc pas en premières lignes). Ce sont leurs capacités d’enfants qui sont exploités pour servir la cause.

On touche ici du doigt le problème des enfants combattants. Les civils sont inévitablement touchés lors d'un conflit armé. Une des solutions est de prendre les armes pour se défendre, femmes et enfants compris. Certaines armées et groupes embrigadent même des jeunes et les forment rapidement au combat. Les enfants sont parfois en première ligne. Même s'ils souhaitent combattre, ils sont victimes du conflit qui survient autour deux. Comment protéger les enfants qui vivent au sein de zones de conflits armés? Comment empêcher d'en faire les victimes de choses qui les dépassent? Et surtout cela est-il réalisable? On sait que des actions menées par certaines associations travaillent sur le droit des enfants et l'engagement de ces personnes aide aussi à militer contre ces types d'embrigadements.

Même sans armes, la question est à se reposer aujourd'hui: contrairement à Miguel et la bande de jeunes cristeros, est-il acceptable que des enfants soient utilisés de quelconque façon dans un conflit armé? Agiles, sportifs, efficaces, ils permettent habilement de servir les renseignements; mais même à cette échelle, le danger est bien grand...

La seconde grande question qui survient est une question éthique, celle de la guerre juste. Les cristeros entrent en guerre contre l'Etat pour se défendre d'abord des interdictions, puis des tortures et assassinats qu'ils subissent parce qu'ils sont catholiques. En ce sens, on peut invoquer un cas de «légitime défense», mais ils poussent plus loin leurs actions miliaires, attaquant à leur tour en premier.

C'est un problème moral qui se pose, celui de savoir à partir de quand faire la guerre est une action moralement acceptable.

Selon Michael Walzer, un théoricien de la guerre juste, cette dernière doit être utilisée en dernier recours, avoir comme but de rétablir la paix et le droit, et ne pas toucher les civils. Sur cette dernière condition, il est difficile de la considérer comme applicable à tous les cas quand la guerre concerne une partie des civiles et que des guérillas se forment, un peu comme les cristeros.

Pour les catholiques, l'acte de guerre est aussi problématique en cela qu'il va à l'encontre du commandement «Tu ne tueras point». L'Eglise catholique s'est d'ailleurs dans les dernières années positionnée sur le sujet. Si un acte de guerre est tout à fait condamnable, on peut le considérer comme «juste» quand le dommage causé par l'agresseur est durable, quand des moyens non-violents n'ont pas été efficaces (négociations), quand il est certain que les opérations menées seront sûrement un succès et enfin quand l'emploi des armes n'entraîne pas de désordres plus graves que le mal à éliminer.

On peut alors accepter que la guerre doit avoir un sens pour les cristeros qui se défendent, mais la question de tuer ou non est posée à travers tout le roman par Miguel, qui, malgré les attaques subies ne peut se résoudre à tuer un homme, même ennemi. Il préfère attaquer matériels et armes, oeuvrant pour une forme de guerre moins directe et en un sens moins violente en essayant de ne pas attenter à la vie.

Malgré une justification des actes militaires des cristeros dans ce récit, le dilemme est cependant constant, et c'est une question de tous les instants à se reposer dans ces graves situations.

Durant la Cristiada au Mexique, de nombreux hommes, femmes et enfants sont morts pour continuer à pratiquer la religion catholique. Ces mexicains n’ont jamais cessé de croire, n’ont jamais renié le Christ pendant cette période difficile.

C’est l’exemple de José, un jeune garçon de 14 ans mort en martyr qui oriente l’intrigue du roman de Larochette-Prost. Sans aucune arme, (mais soutenant les cristeros en tant que messager, ou aide pendant des combats), c’est pourtant lui dans toute son innocence qui a été torturé et tué, refusant de renier sa foi.

Dans le récit de Larochette-Prost, c’est Miguel que l’on suit, un jeune environ du même âge que ce José, renvoyé de son établissement scolaire car sa famille est en lien avec les cristeros. Indifférent d’abord à la guerre civile qui fait rage, il les rejoint cependant et décide de combattre à leur côté. En tant que messager, mais parfois aussi (il le faudra), les armes à la main. Miguel ne désire pas tuer et prie pour ne pas avoir à le faire. Pour cela, il s'attache surtout à concentrer sa stratégie sur la destruction de matériel, très coûteuse pour les fédéraux. Une stratégie d'ailleurs efficace et intelligente car elle causera beaucoup de dégâts lors de missions, de bataille et servira bien leur défense.

Les jeunes n’ont alors pas tout à fait la légèreté que l'on pourrait généralement leur attribuer. Souvent, ils doivent être graves ou sérieux. Parfois pourtant, Miguel et ses compagnons se prennent à jouer et rire, et l'atmosphère est moins lourde: ils restent des enfants dans toute leur innocence et leur courage.

Malgré le danger, Miguel et les jeunes cristeros sont sportifs, agiles et efficaces, se révélant d'une grande aide dans le soutien des adultes, notamment par les services de renseignement.

Dieu reste au centre du récit, c'est aussi pour cela que Miguel prie pour ne pas avoir à tuer un homme. C'est Dieu qui va leur permettre de tenir contre l'adversité en leur insufflant cette grande force.

Réellement courageux, les jeunes de ce récit sont étonnants par leur capacité à se mettre au même niveau que les adultes, brillant par leur foi sincère et malgré la gravité qui se dégage d'eux, brillant d'une certaine innocence et beauté de la jeunesse.

Analyse de C.B. - 2016